Absurdité ou méchanceté ? La Grande jalousie vient chercher T. avant de me le ramener demain matin. Quelle nuit fauve lui serait promise s’il était resté dormi chez moi ? Un doute, et même une colère, insupportables, m’envahissent soudain. S’agit-il, encore une fois, de la répétition d’un même – que j’abhorre de plus en plus, de m’humilier ? Ou bien s’agit-il, plus simplement – mais ce « simplement » est terrible – de la manifestation banale d’une toute-puissance qui s’ignore ? A moins qu’elle ne vive de mes renoncements. Ai-je été, serai-je toujours, appartiens-je encore aux hommes faibles auprès desquels Murat demande de courir pour dire que l’amour n’existe pas ?
dimanche 16 octobre 2011
jeudi 13 octobre 2011
Plastique
Ce soir, enfin hier parce que le temps a débordé, j’ai assisté à une performance poétique tout à fait intéressante et j’ai découvert qu’il s’agit d’un art plastique, celui du verbe, que la poésie est une plastique et la/le poète un/e plasticien/ne. Elle prend alors la dimension de la voix
Il s’agissait d’un cycle de « poésie parlée poésie et écriture musicale », avec Jacques Rebotier et David Christoffel.
Merci à eux pour ce moment intense et de joie.
jeudi 6 octobre 2011
vendredi 23 septembre 2011
Séjour
Lumière d'ambre ce matin
Quelques larmes s'écrasent
Sous le pli du vent
Atmosphère de feutre
Où, soudain, on déverse
Parfois son intimité
Odeur chaleureuse
Et fugitive d'un fumet
Dehors, c'est la brume
Qui rampe sur le sol
Rayonne intensément
Vers le blanc, le disque
Qui souligne la gaze blanche
Émergeant de la terre
Ou bien
C'est le frisson
De notre onde
Qui, brutalement
Nous enveloppe
Étrange séjour
Dos au temps
Qui s'avance
Saisi par un lent sommeil
Ébauché, résiduel
Le corps agité
Indolent, brownien peut-être,
Je sens la sécheresse
Ou plutôt, l'inhumidité
Des paupières lourdes
Qui prolongent le front
Je ressens la peine
Immense de ne pouvoir
Dire quelle est la beauté
Au carré
22-23 xi 2011
Quelques larmes s'écrasent
Sous le pli du vent
Atmosphère de feutre
Où, soudain, on déverse
Parfois son intimité
Odeur chaleureuse
Et fugitive d'un fumet
Dehors, c'est la brume
Qui rampe sur le sol
Rayonne intensément
Vers le blanc, le disque
Qui souligne la gaze blanche
Émergeant de la terre
Ou bien
C'est le frisson
De notre onde
Qui, brutalement
Nous enveloppe
Étrange séjour
Dos au temps
Qui s'avance
Saisi par un lent sommeil
Ébauché, résiduel
Le corps agité
Indolent, brownien peut-être,
Je sens la sécheresse
Ou plutôt, l'inhumidité
Des paupières lourdes
Qui prolongent le front
Je ressens la peine
Immense de ne pouvoir
Dire quelle est la beauté
Au carré
22-23 xi 2011
dimanche 11 septembre 2011
samedi 3 septembre 2011
&
Rien ne subsiste, hormis les souvenirs que la mémoire s’acharne
à réimprimer régulièrement.
Et le perroquet, bien sûr. L’indestructible. L’œil.
Et le perroquet, bien sûr. L’indestructible. L’œil.
J.-M. Laclavetine, En
douceur
Je tremble
Quand je lis
Sa voix
Sang issue
Ces mots
Sans retour
Tout se ruine
Liquide
*
Les enfants sont
La marque du temps
Leur mère celle
De la grande jalousie
27 viii-3 ix 2011
Repli
+
Sentinelle
minérale
Je referme
Le cercle
De la
parenthèse
Humeur de
l’ombre
Je m’envahis
Lentement
De faux
Reviens, Je
Vers l’obscur
Le repli
L’empire
De la nécessité
Le
spéculum
De la présence
Cette
autre nuit
Et
maintenant ?
Et après ?
28
viii-3 ix 2011
mardi 2 août 2011
Proue
I will never be clean again
I touched her eyes
Pressed my stained face
I will never be clean again
I touched her eyes
Pressed my stained face
I will never be clean again
The Cure, The Figurehead
Les seins une nappe
Lèvres d'eau pleine
De fatigue
Une pierre
Dans les yeux
Une flaque
Dans les yeux
Une flaque
Dans les mains
Le poids
Des mots
Une joie
Des mots
Une joie
La neige
Silencieuse
D'un écran
Silencieuse
D'un écran
Soir d'été
Sans sommeil
Ni lanterne
Sans sommeil
Ni lanterne
Juste l'envie
D'en finir
Avec la nuit
Qui m'enlise
Et m'ennuie
D'en finir
Avec la nuit
Qui m'enlise
Et m'ennuie
2 viii 2011
samedi 2 juillet 2011
Peau pierre
« rien
ne peut nous consoler,
lorsque nous y pensons de près »
lorsque nous y pensons de près »
B. Pascal, Pensées
Paupières glassées
Opaque pénombre
Écran du monde
Lèvres sang
Regard ni trêve
Éternité blottie
Mutisme plastique
Qui souffle
Lentement
L’impatience
Le tressaillement
De l’angle
La pointe de ma fuite
jeudi 2 juin 2011
Chaîne
La chaine qui
Au cou se tend
Est le sang
Que j’entends
Est le sang
Que j’entends
La corde qui, d'abord
Se pince puis résonne
Vers le haut
Se pince puis résonne
Vers le haut
Mol enthousiasme
D’une lecture vague
D'un regard ivre
De larmes sèches
D’une lecture vague
D'un regard ivre
De larmes sèches
Percole le fil
De la chaine a la corde
En gouttelettes sonores
Musique amniotique
Aux confins oraux
De la chaine a la corde
En gouttelettes sonores
Musique amniotique
Aux confins oraux
Je retrouve le sang
Le pouls souple et blanc
La lumière laiteuse
D'un après-midi
De mai près
L’origine
De la Seine
Originaire
De ce pas immobile
A l’arrière
De mon regard
D’une peau fugitive
Devinée
De ce pas immobile
A l’arrière
De mon regard
D’une peau fugitive
Devinée
Au coin de l’orbe
Bleuté
De ma mémoire
28 v 2011
mercredi 25 mai 2011
Retour
Ai soudain
Compris
Ou non
Lentement
Le retour
D’une flamme
Compris
Ou non
Lentement
Le retour
D’une flamme
Ai eu le geste
Mimétique
De la présence
Fougue
Dénuée,
Quoique…
D’aplomb
Je mente
Sans pouvoir
Le dire
Mimétique
De la présence
Fougue
Dénuée,
Quoique…
D’aplomb
Je mente
Sans pouvoir
Le dire
Suis
Au milieu
De l’épars
Ainsi qu’un grésil
Immense
Au milieu
De l’épars
Ainsi qu’un grésil
Immense
Qui ondoie
Fissure
La peau
Et l’oreille
Sculpture aurale
Fissure
La peau
Et l’oreille
Sculpture aurale
La terre,
Toujours là,
Enceinte
D’une plaie
Toujours là,
Enceinte
D’une plaie
Une flamme sèche
Comme un soir
Au matin
Qui jamais
Ne commence
Ni ne finit
Comme un soir
Au matin
Qui jamais
Ne commence
Ni ne finit
21 v 2011
mardi 17 mai 2011
Tellement de choses
Tellement de choses à dire qui naissent, s’ébauchent mais demeurent. Manque parfois le temps ou encore le désir, cette dilatation subtile qui ouvre l’espace de l’écriture, la pénombre d’un soir généralement. Il faut créer ce temps et ce désir, il faut créer ce sang.
samedi 23 avril 2011
jeudi 31 mars 2011
vendredi 25 février 2011
Goutte
Les verbes m’entourent
dans le silence
comme des visages d’étranger
comme des visages d’étranger
J. Brodsky, Les verbes
Une bulle
Perdue dans la foule
Je marche dans le dos
De la vie des autres
Mon regard est vitreux
Teinté d’obsolescence
Je recherche la peau
La terre de la carence
Je ne vois plus rien
Que des silhouettes
Je ne sens plus rien
Qu’une clameur opaque
Je suis dans l’écart
Une fissure irréelle
Je suis mon miroir
La gomme qui s’efface
31 x 2008
samedi 12 février 2011
samedi 22 janvier 2011
dimanche 2 janvier 2011
vendredi 17 décembre 2010
Rosée
Rosée
(Le plaisir des cendres II)
Car la beauté est là où l’œil se repose
(Le plaisir des cendres II)
Car la beauté est là où l’œil se repose
J. Brodsky, Acqua Alta
Tu éclos
Tu éclos
Inattendue et souhaitée
À l’orée de mes pas
De ta présence
Je m’envahis
Et m’exhausse
Je vois l’aube sur ta joue
La rosée carmin qui scintille
Et divague sur le pli étouffé du regard
Lourd encor d’une béatitude sourde
Sur les dunes émues des paupières
Sévèrement ceintes d’un geai
Qui s’égaye et se noue
Au faîte de la nuque
Ductile, ta rosée me carmine
Flue et m’encalmine
Ta mutité m’enchante
Tandis qu’une sourde asthénie
Harasse chacun de mes pas
J’oscille et je vacille
Tu es la cillation
Qui me dévaste
Me ravit et m’exalte
11 x 2007-31 iii 2008
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