mardi 29 mai 2012

Écart


Dans l’âtre
Divague
La tête
Entre

Je ne sais plus
Ce que fondent
Ces bras

Sont-ils
La cendre tiède ?
Du linge échu

L’horizon ?
Qui ploie
Sous mon ombre

Là est le soufre
Mais l’idée
Est ailleurs

Alors que
S’étoffent
Les feuillets
Comme saigne
Le pavot

La soie
Est lucide
Et palpable

De la trace
Une plaie

13-15 v 2012

mardi 15 mai 2012

Tanin


De sa peau
Je suis
Une pierre

Peut-être
L’améthyste
De son aura

Insomniaque
Du sommeil
J’entends
Les plis intérieurs
De mon corps

J’écoute
Le douloureux respir
Une même vague
Qui se bat
Contre le visage

Assis
Dans le silence
Où percolent
Les mots

La nuit me ploie
Dévaste la faim
Et se hâte

Me laissant
Au rivage
Des draps
Qui me saignent


Puisque
Je songe
À cette corolle
Que souvent
Je dévore

Sortant bruyamment
De mon rêve
Pour la manger
Tout à fait

Mais d’avoir
Écrié le tourment
N’apaise pas
Mon angoisse

Buvard
De l’onirie
Elle me boit
Jusqu’au lit

15 v 2012

vendredi 11 mai 2012

Blanche




Je n’ai pas peur des spectres.
Les vivants ne sont terribles que parce qu’ils ont un corps
M. Yourcenar, Feux




Il y a la faim
Que l’on a
Et celles
Que l’on veut

Les nuits sèches
Où se refuse
Le sommeil

La respiration
Du silence
Qui se froisse



11 v 2012

Sauvage

 
Eau latente
Au bris
Des doigts

Lèvres
Sur sel
Comme sang

Brûlent
Comme ombres
Les nuages

Paupières
Cendres
Sous les yeux

Peau vacante
Tout du long
De la voix

10-11 v 2012

mercredi 9 mai 2012

Langue




 
The sunshine girl is sleeping
She falls and dreams alone
And me I am her dagger

The Hope Blister (Slowdive), Dagger




Le ressac
La mer
Et la faim

La langue
Est un refuge
La soie-f
D’une rage

Elle se tourne,
Cette fois, dit-on
Elle embrase

Divague
Et dépasse
Les frontières
De sa voix

Le grain
Des yeux clos
Sur la dague

Un animal
Enfoui
Dans le cou

Langue
Est la nuit
Qui me pend

La moisson
De la peine
 Le sable
Du ressac

9 mai 2012

vendredi 4 mai 2012

Rencontre





 
J’ai la même teinte que ta bouche
Je suis le vide dans ta voix
O. Barbarant, Essai de voix pour la très obscure





Le flot
Soudain
Une voix qui,
D’abord, parle
Puis se pose
Interrogative

  Je ne vois plus
J’entends
Et je bois
Immergé
Sans gravité
Le souffle et le grain
De la distance

Et l’empreinte
L’accent fragile
La demande
Le désir rauque
Du tabac

La paix,
Enfin le repos
Et le sommeil,
Que je refuse

28 iv-3 v 2012

Flot

 
L’amour viendra par l’ouest
Comme un cri cherche une bouche
Dominique A., Par l’ouest



Je sens la colère
Mais je veux la faim

Cette voix
Immense
Qui monte
D’un lointain sommeil

J’entends
L’étreinte
La cire froide

J’épuise
Par ressac
Incessant
Le pli offert

Buvard
Jusqu’au trouble
D’une vue
Si droite

Accourt
Sous les joues
Le déluge
Le venin rouge

S’annonce
L’étonnant crépuscule
Autre venin

Qui embrasse
Mes mains
Les scelle
Au hagard

Au tonnerre
De la plume

Au vertige
Du déluge

A l’impossible vin

À la dépossession
Du vent

2 v 2012

mercredi 2 mai 2012

Morose


Pour F. M.-D. 

Prendre sa main
Comme une rose
Fermée

Aller cueillir
L’épiphanie
Sur sa joue

Efflorer
Les paupières
De sa voix

Besoin farouche
De boire le silence
À pleines dents

S’illuminer
Du pli carmin
Pour s’enfouir

Me voici
Au temps revenu
À la distance

Au long nuage
Qui a ceint
Mon sommeil

À l’ombre
De mon affection

28 iv- 1er v 2012


lundi 23 avril 2012

Incandescence | Mots

Incandescence
Recoil, Grain & Stone




Je vois
Les pas
Métalliques
De la pluie

J’écoute
Le grain
Qui noircit
La nuit
Ténue

Je respire
Comme elle bat
La lumière

Langue étrange
De candeur
Blanche

S’ouvre l’apnée
D’un marteau
Sans faim
Des cordes
Qui vrombissent

Une apnée
Qui soudain
Respire
Se débrise
Et s’épuise

23 iv 2012
Mots
Recoil, The Sermon




Un phare
Puis une onde,
Un mouvement,
Et une scintillation.

Condensation :
Une résille, en boucles
Attente

Une prolifération
Puis une précipitation.
Une doublure
puis une pente
Un cœur pressé
Ainsi que des pas.

Scintilles métalliques
Puis le chœur.
À nouveau le phare,
Le mouvement,
Les chants, enfin.

23 iv 2012

mercredi 18 avril 2012

dimanche 15 avril 2012

Sortilège

    

Désormais que je fus
Et que maintenant je suis

Que le silence
Est encore à-venir
Que partout
Repousse la nuit
Sans retrait-e
Ni hâvre

J’allonge
La ligne du temps
Comme un fétu
De lumière
Pour toucher
L’eau tiède

La petite blessure
Sous l’aiguité
Juste au-dessus
De l’ourlet,
Cet étrange carmin

C’est la fatigue
Qui me tient
Comme un feuil
Et me plisse
À la béatitude
De l’espace

C’est à l’ouest
Que je songe à l’orient
À la rose, aux sables
À la peau, à l’effroi
À l’oubli, à la faim
À la mort, sûre

15 iv 2012

jeudi 12 avril 2012

Reise


I’m a ghost
Haunted like
A fluffy cloud
Into the warm
Of strength
A strange coffee
 
A faith
One glove
The moon
Myself
Eyesore
Beauty
 
10 iv 2012

lundi 2 avril 2012

Rompre



J’ai pris
Le mal
Dans l’âtre

Et je l’ai
Maché
En patience

Mais il faut,
Je dois,
Rompre

Puisque
Toujours
J’aurai faim

Sortir
D’un récit
Qui m’épuise

1 iv 2012 

mardi 27 mars 2012

Je



Je est en outre
Gris comme
L'alcool de la nuit

Un astre
De sable
Une eau
Qui s'écroule
Un drame

Sur mes veines
Un âtre
Lumineux
Un méandre
Au creux
Terrien

Je est un hôte
D'un abcès
Le témoin
Obscène
D'un autre
Que je suis

2-27 iii 2012

vendredi 23 mars 2012

samedi 17 mars 2012

Impossible



Rumine la nuit
Par l’eau
Envahie
Électrique et liquide

Désquamme le visage
De mes doigts
Épais
Comme la masse
Qui bât mon sang
Le cœur et les larmes

Surprennent
La fatigue, le sommeil
Mes yeux secs

Reviennent
Les grands yeux
À la mémoire
Un regard
Que je noie

16 iii 2012

mardi 13 mars 2012

Remarque


« L’inexpérience comme une qualité de la condition humaine. On est né une fois pour toutes, on ne pourra jamais recommencer une autre vie avec les expériences de la vie précédente. On sort de l’enfance sans savoir ce qu’est la jeunesse, on se marie sans savoir ce que c’est que d’être marié, et même quand on entre dans la vieillesse, on ne sait pas où l’on va : les vieux sont des enfants innocents de leur vieillesse. En ce sens, la terre de l’homme est la planète de l’inexpérience. »

Milan Kundera, L’art du roman (1986)