lundi 16 mars 2009

Il y a

Pour A. B. die es nicht weiß


Qui de nous deux inventa l’autre ?
P. Éluard, Au défaut du silence



L’ourlet du regard
La blancheur fine
De la lèvre qui scintille

La fuite éperdue
De mes doigts sur les cils
Invisibles de la peau

La douleur
De la menthe froide
Sur les joues pourpres

La faim
De votre voix
Sur mon sein

Et l’abandon
De votre absence
Entre mes mains


22-23 octobre 2008


Scissor Sisters
It Can’t Come Quickly Enough

vendredi 13 mars 2009

le corps du délit

Étonnante, cette mémoire du corps, ce miroir vivant de ce que je suis toujours en train d’être. Deux conversations récentes et une ire sépulcrale m’ont soudainement ramené à la matérialité de mon être-devenir. Le corps exprime en son ordre et parfois avec un peu de décalage, la plainte professée dans l’oubli de l’air sur un ton de grand seigneur, vitupérant une méchanceté que je voulais infinie. Il me tord, me contracte et me plisse, comme un nœud qui se noue et se renoue encore. Les seuls mots que l’on trouve pour dire le mal sont ceux, de la langue maternelle, l’arkhè qui nous sédimente et nous organise du fuscum subnigrum de notre temps et de notre chair. C’est la même chose que le corps enfantin qui, en passe de redresser sa posture, pour atteindre la bipédie, « régresse » sous le coup de l’affection ou de la maladie. Comme si, tout à coup, le corps s’intensifie, s’ontologise pour se réassurer de son intégralité fissurée, se contracte sur une brèche et ploie de toute sa gravité.
Soudain, je réalise que mon corps a une histoire, un mouvement et un savoir. Qu’il est une promesse de désespoir

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lundi 9 mars 2009

Angle

Il y a ce visage
Dans ma tête
Des bribes,
Un profil
Les fragments
D’un savoir plus ancien
Une mâchoire qui s’anime
Une oreille découverte
Un cou avide
Auquel se jettent
Mes souvenirs

L’angle de sa peau
Forme une étrange lame
Qui s’échappe de mes doigts

Et toujours je reviens
Au triangle latéral
De son regard
À la vasque de chair
Qui marque
Le double sceau
Revêtu de la tresse sur laquelle
S’écorchent mes doigts
Où gît la sève
De la caresse

Et toujours je mange
D’un œil oblique
Les ténèbres éternelles
De ses doigts compliqués

Toujours me hantent
L’étendue du désastre
Et la voix du grand animal

8-9 mars 2009



samedi 7 mars 2009

beau livre

Now playing: This Mortal Coil - Acid, Bitter & Sad
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Un livre c'est aussi, un bel objet

Les références et un résumé


Un extrait

L’auteur

mercredi 4 mars 2009

?


Peut-être que je change. Je n'arrive plus trop à écrire ni à parler, tellement j'ai l'impression de ressasser. Ce ne doit pas être une impression, juste sentir qu'on arrive à la moelle et qu'après, c'est le néant. « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire » concluait le Tractatus de Wittgenstein. Bref, je n'y arrive plus et je commence à me suffoquer comme je/j'ai suffoque/é les autres. C'est fini mais je n'arrive pas à partir, parce que je ne sais pas pourquoi c'est fini. Quand il n'y a plus de sens, un début et pas de fin, il vaut mieux la poser. Mais le point final, quand il faut le poser, je défaille, j'hésite. Cela m'embête la ténuité de ce qui me retient à la vie, cet espèce de fil qui m'empêche de trouver le repos, la fin de l'inquiétude, du mouvement, de l'angoisse, ce fil dont je n'arrive pas à faire un garrot, définitif. A l'usure, j'y arriverai peut-être. C'est la fable du loup, quand cela arrive, personne n'y croit et c'est trop tard.

mardi 3 mars 2009

*-/+

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Heights Of Abraham - Eva

jeudi 26 février 2009

mercredi 18 février 2009

sensible



Le sensible, ce ne sont pas seulement les choses, c’est aussi tout ce qui s’y dessine, même en creux, tout ce qui y laisse sa trace, tout ce qui y figure, même à titre d’écart et comme une certaine absence.
Merleau-Ponty, Signes.
Paris : Gallimard, 1960, p. 217.

dimanche 8 février 2009

Nuage

Sur son visage en pleurs
Je vois se finir la terre
J.–L. Murat, Démariés (Taormina)


Ma main flotte

Au-dessus de l’océan
Moite d’un désir rare

Elle est lourde
Comme un nuage
Affaibli de son exil

C’est elle qui porte
Le poids du regard
La mousse, le sel
Et sang noir

Car je suis les larmes
La démence électrique
La mantille réglisse
Du néant qui s’efface

Le temps nu
Qui me noie
Au firmament
De l’aréole triste

Je ne suis
Qu’un fil
Qui me pique

4-6 fév. 2009

jeudi 5 février 2009

« La foule immense où l'homme est un ami » (P. Éluard)


Requis par l’exigence de conclure un travail universitaire, une thèse, je suis un peu â côté, latéral. Je ne puis donc me totalement me fondre dans la houle que je vois se lever, cette foule immense, où l’homme n’est pas encore un ami comme l’espérait Éluard dans
La puissance de l’espoir, mais une foule qui construit patiemment sa fraternité, qui apprend à se connaître pour mieux s’embras(s)er Aussi ai-je l’impression, et la certitude au fond, de modestement incarner ce temps, si honni par le petit Nicolas et sa bande, d’authentiques terreurs assurément, d’incarner donc ce temps libre, ou mieux ce temps libéré pour la lecture et l’écriture, cette liberté du temps pour désécrire aussi, pour revenir sur ce qui a été écrit ou lu, pour marquer ce chemin comme étant, provisoirement peut-être, une impasse.
Bref, je me dis que je participe à ma façon, dans ma retraite, à la résistance con
tre cette eau glacée comme l’égoïsme de la normalisation libérale, cette rapacité qui n’entend que la performance et la croissance, cet autoritarisme de la vie triste de ceux qui veulent digérer le monde dans le fétichisme.
Hasta…

---------------- New Order - Ultraviolence

lundi 2 février 2009

S|C-oma

Rester éveillé la nuit ne signifie rien moins que vigilance,
c’est une reptation sur place, visqueuse et usante
E. Bloch,
Traces, « Dormir »



Désemparé, ouvert
Au silence tenu
De la nuit fraîche
Où flotte quelque sombre fleur
De la neige sans flocon

Désemparé de l’eau claire
Et de la lumière un peu vieille
J’entends que s’apure
Ma peau dans la chaleur étroite
Cette veine de sang chaud
Et sec qui serpente

Resté sur la grève
Mon dos s’endurcit
Et se heurte au sillon
Qui me tient

Au néant vulnérable
J’ai un dos qui
M’encombre
Et me plonge
Dans la peine
L’ombre de l’eau

Que je me plie
Et me fonde
Dans l’aplomb
Vertical de mon sillon

Que je me scelle
Dans le sommeil

30 i-2 ii 2009




dimanche 1 février 2009

pli


Son corps est sans fin
Et je vois le dessein
Le vertige du sablier

Faite d'angles
Elle égrène
Dans la lumière sable
D'un après-midi d'hiver
La folie de mon voir

Elle est la plainte
Aussi aigue
Que je suis nu

L' immense faim
Qui me vient

31 janv.-1er fév. 2009

mardi 27 janvier 2009

corpus Delicti

Now playing: William Sheller - Loulou
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L’esprit est content avec des phrases,
le corps c’est pas pareil,
il est plus difficile…

L.-F. Céline, Voyage au bout de la nuit


lundi 26 janvier 2009

lundi 19 janvier 2009

Hatred


Je suis un bois
Mort, ou sec
Comme l’abricot
De mon rêve

Je ne sens plus
Mon ombre
Mais je vois
La bruyère

D’un passé teint
Blanc des espoirs
Qui se faufile
Dans les lambeaux

Je suis le marbre
Froid des veines
Scellées dans le poignet
Étroit au fil du rasoir

Je n’ai plus de son
Un vide sans abîme
Une commissure
Étouffée du néant


11 x 2008



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Now playing: The Divine Comedy - Timestretched

lundi 5 janvier 2009

lundi 29 décembre 2008

vendredi 19 décembre 2008

Loup

La nuit est toujours bleue, clignotent par le vent qui les obturent soudainement, les lumières de la ville, ces lumières oranges, blafardes et lourdes, qui pèsent sur le regard. Et le désir ? Il (est) sombre. Je suis un loup, sans voix ni regard. Je suis cet Absent-là.


mardi 16 décembre 2008

Balcon


La lune est un berceau
De craie et de feu
Un lumineux sourire

Elle flotte sur la plaine
Disséminée de lumières
S’embarbe de curieux nuages

Elle s’enroule, elle se masque
D’une gaze grise de marbre
Elle se dérobe, elle se noie

À mesure que sourd
Le cliquetis massif
Les lourds contours

Que de la plaine scintille
Le borborygme invisible
D’un fleuve de fer et de feu

Les cieux diaphanes
Se cotonnent d’une aube
Qui vient trop tôt

Et cogne toujours
Dans cette vase
De terre et de lumière
Un point rouge
Ce phare perdu
Qui me ronge


8-18 avril 2008



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Now playing: Frankie Goes To Hollywood - Happy Hi
via FoxyTunes