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samedi 28 janvier 2012

Ivy's Tale




Pour K. B.







J’ai le violent désir

D’une flamme ondoyante

Comme un laurier désinvolte

Brun, glace et soyeux

Que mord la lumière

De ces yeux perpétuels



Que tisse la loi

La peau fraiche

Comme la lumière cendrée

De la lune, les joues

Débordent



J’ai le violent désir

D’éflorer la surprenante rigueur

L’origine du mouvement

Le pli céleste de la faim

Et de l’amour, évanouis

Au lieu endolori…





19-22 viii 2008

jeudi 19 janvier 2012

Sévère


 
De son front

Je veux effacer

La marque

Du souci



De ma main

Je veux scinder

L’horizon vertical

La hauteur de l’opale

Poursuivre la trace



De l’encolure

À la gésine

Écarter les pans

De l’âtre, p(o)ur

Contempler l’angoisse



Qui me tient en vie



Goûter

Avec les dents

Le lai qui effuse

Dans le repos



De ce regard

D’eau pâle

Qui m’astreint



Je veux soustraire

La douleur qui perce

Atténuer le creux des joues



Je veux en manger

La paix et la patience

Le mal et le miel



13-19 i 2012

mercredi 2 novembre 2011

Temps


Attendre le temps
Ne le compter
Que quand il est rond

Perdre, abandonnée
Une partie du monde
Qui m’a échappé-e

Temps suis-je ?
Loin du lointain
Usage d’une encre

Du regard
J’ai noyé le lien
La ténuité incise

De l’éclat
Je n’ai pas osé
Re-cueillir la trace



18 x-2 xi 2011



vendredi 15 janvier 2010

Éclipse

Terrible silence
Dans le luisant
De la nuit profonde

Froide terreur
De ténèbres familières
Lumières glacées

Oranges blafardes
Serpentins lumineux
Sur les hauteurs

Manteau de soir
Sous mes doigts
La soie fébrile

Sépulcre hivernal
Guirlande infinie
D’yeux rouges

Comme une vague immense,
Un mascaret silencieux
Les points d'une douleur

Incolore comme la nuit
Qui se mange
Comme une parole

Muette

2-11 janvier 2010



samedi 10 octobre 2009

Quand


Quand je tourne
Au coin de la bouche
J’entends à nouveau
La caresse

La chute des seins
Le creux qui vient
Nu comme l’épaule
Le pli de l’amende
La voix du sang

Perpendiculaire
Avide du souffle
Chaud des paupières
Dont bruit le fard
Je dévore ses lèvres

Quand je pose les mains
Tout autour de tes yeux
J’ai oublié

Debout, je rêve
Sous la pluie horizontale
De grands regards
Où je m’évade et me tais

8-10 x 2009

lundi 14 septembre 2009

Anneau

Je le tiens
En son centre
Évidé comme l'été

Il glisse
Se digitalise
Résiste
Et m'enserre

C'est un martyr
Fétiche d'argent
Un nœud vide

Qui m'occupe
Et me lie
Au temps

Celui qui creuse
La peau et la voix
Qui me fige et m'écarte

12 IX 2009

Kate Bush - A Coral Room


mercredi 2 septembre 2009

Dispersion

Fields of fire that passed the train
The sky is victorious but here comes the rain
Friday is taking me home again,
And I’ve nothing but you on my mind.

Faithless, Crazy English Summer


Le crépuscule est jaune
La terre a dissous
La lumière, rougeoie
Dans les hauts murs
Qui me suivent

Reste le vent
Le grand souffle
De mes nuages
Transparents

La nuit est grise
Et m’enveloppe
De son bruit

Elle me disperse
Me jette aux quatre
Roses du vent

Du marbre au sable
Je suis passé
Du sang à la sécheresse

À la petite éternité
D’une peau épuisée
Rongée par ses ombres


Jaune est la nuit,
Gris le crépuscule
Et court entre eux
Le sang vermeil
Et sinueux

31 viii-1 ix 2009

Faithless - Evergreen




lundi 31 août 2009

Eau

J'entends la mer
Dans une ville
Qui ne me connait pas

Je vois les vagues
Lentement submerger
L'iris froid

Je sens mes doigts
Rugueux, battre
La morsure d'un cœur

J'imagine l'abstrait
Mouvement d'un corps
Qui ondoie

Je goute le clapotis
Ductile d'une peau
Au grain qui m'echappe

J'hume le coquillage
Sable et sel
Des lèvres peintes

J'ouie le soleil
Qui se dilue
Sous mes pas

Dans la prune
Du crépuscule

30 VIII 2009

mercredi 26 août 2009

Divagation

Peter Gabriel - Mercy Street


Vie éparse

Doigts bleus

Lèvres vitreuses

Yeux noirs

Trop grands


Nantes, fin d’été

Triomphant

Chaleur blanche

Balayée, étendue

Par le vent



Fils de musique

Qui, doucement

S’étirent

Au plus lourd

Silence


Je sens

Le nœud

De l’attente

Étreindre

Mon regard


Quoique je sois

Banal, bien que

Le relief

Soie intérieure


De grandes vagues

Les plissements

Dune, lame

…



25-26 viii 2009


vendredi 24 juillet 2009

Glisse

Archive - Day That You Go


La peau est lisse
Comme mon regard
Plisse les lèvres

La peau est mate
Sourde à la neige
Découpée en vasques
Par le tissu étroit

La peau est sans visage
Une lampe de sable
Qui s’égrène
À la lumière

Sombre et sucrée
Qui inonde mon palais
Ce lait amer
Un réglisse imaginaire

24 v 2009

jeudi 5 février 2009

« La foule immense où l'homme est un ami » (P. Éluard)


Requis par l’exigence de conclure un travail universitaire, une thèse, je suis un peu â côté, latéral. Je ne puis donc me totalement me fondre dans la houle que je vois se lever, cette foule immense, où l’homme n’est pas encore un ami comme l’espérait Éluard dans
La puissance de l’espoir, mais une foule qui construit patiemment sa fraternité, qui apprend à se connaître pour mieux s’embras(s)er Aussi ai-je l’impression, et la certitude au fond, de modestement incarner ce temps, si honni par le petit Nicolas et sa bande, d’authentiques terreurs assurément, d’incarner donc ce temps libre, ou mieux ce temps libéré pour la lecture et l’écriture, cette liberté du temps pour désécrire aussi, pour revenir sur ce qui a été écrit ou lu, pour marquer ce chemin comme étant, provisoirement peut-être, une impasse.
Bref, je me dis que je participe à ma façon, dans ma retraite, à la résistance con
tre cette eau glacée comme l’égoïsme de la normalisation libérale, cette rapacité qui n’entend que la performance et la croissance, cet autoritarisme de la vie triste de ceux qui veulent digérer le monde dans le fétichisme.
Hasta…

---------------- New Order - Ultraviolence

jeudi 20 novembre 2008

cio è finito

Murmure


La mort de l’Autre : une double mort, car l’Autre est déjà la mort
et pèse sur moi comme l’obsession de la mort
M. Blanchot, L’écriture du désastre




Il y a une noix
Qui roule
Au fin fond
De mon sommeil

Un bruit sourd
Que je cherche
Et qui me dit
L’épaisseur de la nuit

Une cicatrice
Qui respire encore
Dans les replis
De mon oreille

Et toujours cette faïence
Qui s’étale sous la peau
Ce troublant silence
Cérame au bout des doigts

13-14 xi 2008

mercredi 12 novembre 2008

Silence

La communauté des aguets
(Silence, II)





Deux singuliers
Nous sommes
Un pluriel décomposé

Avions-nous en commun
La feinte passion ?
De tous ces liens

Mon regard est laid
Ta peau est muette
Mes gestes sont blets
Tes mains sans recès

Les mots se noient
Tout au fond des bois
Dans le déluge intime
L’étoile noire de ton mutisme

D’un coup résonne l’aveu
Qu’entre nous il pleut
Le sombre aveu que tu feules
À chacun de mes vœux

23-29 février 2008

*

Faim
(Silence, IX)




Sans recoins
Où mâcher la faiblesse
Voiler et peindre
La certitude

Incarcéré dans la peau
Le mutisme du grand Autre
Je compte les maux
Qui me restent

Je replie le néant
Dans la carence
J’essore l’humeur
Vitreuse de nos yeux

Je suis, je crois,
Arrivé au bout
De l’ennui
Tout au fond
De l’envie

Se creuse dans mon dos
La grande absence
La terre brûlée
Face au vent

En dessous du puits
Tout au fond
Du silence
De la lie


24-26 août 2008

jeudi 23 octobre 2008

Rêve

Mes doigts sont fébriles
Minces comme l’exil

Car j’ai sous la peau
Une lame qui me foudroie
La fatigue de la mort

Courbé sur ma feuille
Je vole vers toi
Comme tu dors en moi

Les ongles frappent
Le cercle de ma vie
Et je vois, de la lumière,
Les anneaux

Les yeux rouges
Qui s’enveloppent
Dans la pénombre

22-23 x 2008

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Now playing: The Divine Comedy - Timestretched
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