jeudi 20 mai 2010

trace, plaie, ananas



« La mort de l’Autre : une double mort, car l’Autre
est déjà la mort et pèse sur moi comme l’obsession de la mort. »
 Maurice Blanchot, L’écriture du désastre

mardi 11 mai 2010

Question

J’écris au dos
D’un étrange passé
Qui me revient
En nullité

Comme ce train
Qui s’abstient
Dans le tunnel
De ma voix

Et toujours se jettent
Les yeux éperdus
Vers l’énigme
D’une lame

Un regard, foulard
Vaguement perdu
Un sourire, déjà entendu
Qui me tient à l’aigu

Une longue évidence
Patiente qui se donne
Avec insistance, se dévoile
Insoutenable et souveraine

Une prédation soudain
Me hante comme l’incarnat
D’une faute qui se compose
Un horizon aveuglant

Peut-être une pomme
Que l’on tient au creux
Du grand Rien

9-11 v 2010

dimanche 2 mai 2010

Tempus fugit nec mergitur

Les enfants sont la marque du temps. Leur mère, celle de la grande Jalousie.

samedi 1 mai 2010

Bribes


Abandonné dans une ville
Que je connais, sais-je
Ce que j’y faible ?

Je tue le temps
L’étire comme il me colle
Aux yeux et m’alourdit le pas

Immersion
Apnée vétilleuse
Attente de l’événement
Le retour du passé
Ou plutôt un renouement
Reliaison faite
De l’épaisseur
D’un passé non-commun
D’un passé séparé
En un sens,
C’est chercher à mesurer
Mesurer le temps se faisant
Est-ce son poids que l’on veut sentir ?

14-29 iv 2010

lundi 26 avril 2010

Le mal en patience

Écrire quand la pensée va trop vite, que les mots défilent et s’enfilent si bien entre les nuages de ma mémoire. Vygotski l’avait bien écrit : « On pourrait comparer la pensée à un lourd nuage qui déverse une pluie de mots ».

mardi 13 avril 2010

jeudi 25 mars 2010

Grain

Un coquillage
Dans l’eau sèche
De ma gorge

Remémore le pli
La commissure
L’échancre

Le petit néant
La punition
De mon regard

Est-ce la famine ?
Ou le sable
Dans ma voix

25 mars 2010

mercredi 17 mars 2010

samedi 13 mars 2010

samedi 27 février 2010

Stygienne

Pour C. N.

J’ai oublié le mot que j’allais prononcer.
Désincarnée l’idée retourne au royaume des ombres
O. Mandelstam, [J’ai oublié le mot]




Des yeux persans
Où affleure la peau
Le nez exact

Le froid rougit
Le vent boit la moisson
Des cheveux châtaignés

La bruine, rare
Et un peu maladroite
Me blesse lentement

Je sens dans l’ombre
Des mains, tapi au fond
De ma voix, un cercle plein

Brûle à mes lèvres
La gerçure enfouie
De la mélancolie

La thymie
La cendre lente
De l’impatience

26 janvier 2010

mercredi 10 février 2010

mardi 26 janvier 2010

Oriflamme

« Je suis. Confuse et obstinée, et il n’était pas fou que je m’obstine autant. »
I. Garo, Miranda 1

 

J’ai d’abord vu
Un chat dans la lumière
L’ambre crépuscule
D’une saison jaune
 

J’ai vu la mosaïque
De plusieurs vies
Flamboyer sur la géométrie
Anonyme et grise
 

J’ai vu l’ardoise
Au surplomb de la ville
Qui se rassemble
Comme un châle
 

J’ai vu la bruyère
Et le fer forger
La chaleur irréelle
D’une mélancolie rauque
 

J’ai vu comment
Les yeux ont montré
L’âme et la faim
Nourrir le silence
 

28-31 x 2009

jeudi 21 janvier 2010

Lilalil


“ Ses cheveux noirs dénoués, elle vient de se retourner, son oreille de Corail, sa main aux doigts écartés, sur l’oreiller près de son visage, sa respiration est lente et régulière comme celle de quelqu’un qui dort effectivement, les lèvres sont immobiles, lèvres entrouvertes et enfantines, l’épaule gauche et la naissance de la poitrine sont dénudées, le corps n’est couvert que d’un drap aussi net qu’une Nikè, sous les plis révélateurs du marbre, mais chaud et même brulant de sommeil, sec ardent, son oreille de Corail sous la chevelure noire que je pourrais toucher sans qu’elle s’en aperçoive, un instant les cils tressaillent mais elle dort les paupières closes bleuâtres et cireuses ont l’éclat froid des pâles colchiques sur les yeux endormis, par un mouvement, pas un mouvement, seule la chevelure paraît échapper au sommeil, le bout des doigts aussi, près du visage, pourrait presque être éveillé mais elle dort, le sommeil est là dans la nuque, là très profond sans rêve humide plus profond que sur le visage qui semble nager à la surface du sommeil obscur comme un reflet fragile. ”


Max Frisch, Meine Name sei Gantenbein
__________________________________
 Philip Glass, Company




vendredi 15 janvier 2010

Éclipse

Terrible silence
Dans le luisant
De la nuit profonde

Froide terreur
De ténèbres familières
Lumières glacées

Oranges blafardes
Serpentins lumineux
Sur les hauteurs

Manteau de soir
Sous mes doigts
La soie fébrile

Sépulcre hivernal
Guirlande infinie
D’yeux rouges

Comme une vague immense,
Un mascaret silencieux
Les points d'une douleur

Incolore comme la nuit
Qui se mange
Comme une parole

Muette

2-11 janvier 2010



mardi 15 décembre 2009

divagation

Je pense en morse, comme un iceberg, flottant dans les mers irréelles d’iroise grandeur.
Je suis sec ou trop humide peut-être pour décoller mes yeux des paupières de la brise qui m’assiège.
Je cligne des mains et de la tête, comme un phasme sans lumière.
Je mange tout ce que je peux pour m’évider.
Je transite, la bouche aveugle, les yeux muets, la main fausse.
Je suis une écriture automatique.
J’essuie.


mardi 8 décembre 2009

rimoir


rimoir, mon beau rimoir