samedi 2 juillet 2011

Peau pierre



« rien ne peut nous consoler,
lorsque nous y pensons de près »
B. Pascal, Pensées




Paupières glassées
Opaque pénombre
Écran du monde

Lèvres sang
Regard ni trêve

Éternité blottie

Mutisme plastique
Qui souffle
Lentement

L’impatience
Le tressaillement
De l’angle

La pointe de ma fuite


7-10 vi 2011

 

jeudi 2 juin 2011

Chaîne



La chaine qui
Au cou se tend
Est le sang
Que j’entends

La corde qui, d'abord
Se pince puis résonne
Vers le haut

Mol enthousiasme
D’une lecture vague
D'un regard ivre
De larmes sèches

Percole le fil
De la chaine a la corde
En gouttelettes sonores
Musique amniotique
Aux confins oraux
Je retrouve le sang

Le pouls souple et blanc
La lumière laiteuse
D'un après-midi
De mai près
L’origine
De la Seine

Originaire
De ce pas immobile
A l’arrière
De mon regard
D’une peau fugitive
Devinée

Dérobée
Au coin de l’orbe
Bleuté
De ma mémoire

28 v 2011

mercredi 25 mai 2011

Retour


Ai soudain
Compris
Ou non
Lentement
Le retour
D’une flamme

Ai eu le geste
Mimétique
De la présence
Fougue
Dénuée,
Quoique…
D’aplomb
Je mente
Sans pouvoir
Le dire

Suis
Au milieu
De l’épars
Ainsi qu’un grésil
Immense

Qui ondoie
Fissure
La peau
Et l’oreille
Sculpture aurale

La terre,
Toujours là,
Enceinte
D’une plaie

Une flamme sèche
Comme un soir
Au matin
Qui jamais
Ne commence
Ni ne finit

21 v 2011

mardi 17 mai 2011

Tellement de choses

Tellement de choses à dire qui naissent, s’ébauchent mais demeurent. Manque parfois le temps ou encore le désir, cette dilatation subtile qui ouvre l’espace de l’écriture, la pénombre d’un soir généralement. Il faut créer ce temps et ce désir, il faut créer ce sang.

samedi 23 avril 2011

jeudi 31 mars 2011

vendredi 25 février 2011

Goutte

 

Les verbes m’entourent dans le silence
comme des visages d’étranger
J. Brodsky, Les verbes



Une bulle
Perdue dans la foule

Je marche dans le dos
De la vie des autres

Mon regard est vitreux
Teinté d’obsolescence

Je recherche la peau
La terre de la carence

Je ne vois plus rien
Que des silhouettes

Je ne sens plus rien
Qu’une clameur opaque

Je suis dans l’écart
Une fissure irréelle

Je suis mon miroir
La gomme qui s’efface

31 x 2008


samedi 12 février 2011

samedi 22 janvier 2011

dimanche 2 janvier 2011

vendredi 17 décembre 2010

Rosée

Rosée
(Le plaisir des cendres II)


Car la beauté est là où l’œil se repose
J. Brodsky, Acqua Alta


Tu éclos 
Inattendue et souhaitée 
À l’orée de mes pas
De ta présence
Je m’envahis
Et m’exhausse
Je vois l’aube sur ta joue
La rosée carmin qui scintille
Et divague sur le pli étouffé du regard
Lourd encor d’une béatitude sourde
Sur les dunes émues des paupières
Sévèrement ceintes d’un geai
Qui s’égaye et se noue
Au faîte de la nuque
Ductile, ta rosée me carmine
Flue et m’encalmine
Ta mutité m’enchante
Tandis qu’une sourde asthénie
Harasse chacun de mes pas 
J’oscille et je vacille 
Tu es la cillation 
Qui me dévaste 
Me ravit et m’exalte

 
11 x 2007-31 iii 2008

lundi 22 novembre 2010

Dissertation

Doit-on regretter le passé parce que le présent est insupportable ?

dimanche 7 novembre 2010

Éponge

Il faut cesser de vivre
Je ne puis mourir sans vous
Murat, Démariés



Je suis une éponge
Un nuage plein
De maux sans faim

Je suis du lait
Qui bout et brule
L'intérieur de mes lèvres

Je suis du sel
Qui sèche sur le sang
Noir de ses yeux avides

Je suis livide
Au creux des reins
Je suis le Rien

6 xi 2010

vendredi 8 octobre 2010

…/…

Finalement, on n’écrit que pour celles et ceux à qui on ne peut pas parler, celles et ceux qu'on n’ose pas arrêter. Ce blog s’est, provisoirement peut-être, extenué. Son pouls est faible, sa respiration faites de tessons et de contingences. C’est une bouteille à la mer, une feuille sèche de palmier, une petite tessiture. Il passe, comme le disait joliment Leibniz des monades « à un plus petit théâtre ».

lundi 27 septembre 2010

contingence





visage glacé

vêtement tâché de pluie



mardi 22 juin 2010

Violet

La voix saigne
Je vacille
Lentement
Telle la grande
Aiguille
Inexorable
Qui ne sait plus
Qu’elle tourne
(Et pourtant elle tourne...)

J’entends les voiles
Du temps
Les feuilles invisibles
Comme, parfois,
Tombe la pluie

Monte la vase
Terre liquide
De souvenirs
Hétéroclites

Monte, encore,
Plus haut
Que le soleil
La très grande
Vague lente
Le reflux
Le dernier
Inspir’
Violet

17 vi 2010

Voici venu le temps…


...des doutes qui soudain m’assaillent, de la grande fatigue qui me sape sèchement, d’un coup très doux, de cet apaisement qui me pose. Ne suis-je pas trop vieux dans ce que j’ai commencé à faire. Si la peur de vieillir est bien « ce hideux tourment » qu’évoque Baudelaire dans Réversibilité, c’est peut-être moins la déchéance physique de l’individu pour lui-même, que sa déchéance vis-à-vis du monde qui s’échappe, qui tout à coup est immense, trop immense. Et noir comme l’encre qui a noirci tant de pages propédeutiques, inchoativement propédeutiques. Je ne sais plus de quoi j’ai précisément envie, ni même si j’ai envie de continuer ce que j’ai toujours commencé, puis avancé avant que ce ne fut rageusement déchiré, piétiné par un petit exil, où j’ai finalement « surplacé ». Je ne peux aller vite, je décélère, je m’égrenne, je m’é…


samedi 19 juin 2010

Agis



Je m’agite
Dans les cordes
Du vent

Qui parcourt
Ma tête
Entre deux oreilles

Je sens les vagues,
le ressac et le poids
Soudain, de mon corps

J’entends cogner
Dans le sombre fond
De ma peau

Mon cœur devenu
Sourd et un peu fou
Dont le grésil m’envahit

Je me dilate
Je suis des lianes
Une feuille au vent

Que mâche la pluie
Dans l’argile rouge
D’une nuit roide

4-6 ii 2009

à propos de 69, Rushed (original version)

mercredi 9 juin 2010